Cuba côté caribéen, pardi

Après Playa Larga, nous continuons de longer la côté caribéenne jusqu’à Trinidad, avec une première escale à Cienfuegos. Nom qui signifie littéralement « cent feux », ce qui s’explique par… Par rien en fait.

Là encore nous ne séjournons qu’une nuit dans une casa déjà réservée par notre hôte de Vinales. Casa correcte sans plus : une fois de plus la terrasse rooftop est au rendez-vous, et le petit-déjeuner est excellent, mais le matelas a du vécu et il y a plein de fourmis dans la chambre. Tant pis.

Cienfuegos a été fondée par des français et est considérée comme l’une des plus belles de l’île. Y a-t-il un lien entre les deux ? Je vais être chauvin et dire que oui. Pour résumer l’histoire en trente secondes et à ma façon, les colons espagnols de Cuba avaient un peu peur d’une rebellion comme nous venions d’en subir une à Haïti. Ils ont donc donné l’autorisation aux français de construire cette ville, histoire d’avoir un allié européen sous le coude au cas où ça arrive.

C’est du très-très-très résumé…

J’avais prévenu. C’est autour de la Plaza de Armas que cette influence est visible. Pour commencer, difficile de faire plus cliché sans répliquer la Tour Eiffel : à une extrémité trône un arc de triomphe qui veille sur la statue de José Marti – encore lui.

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Outre le parc central, on trouve autour de la place la cathédrale, un théâtre, un palais qui est l’équivalent de l’hôtel de ville (où l’on peut rentrer quelques mètres dans le hall avec un garde), des écoles, le musée provincial, et des galeries d’art. Cienfuegos est également une ville d’artistes, le nombre de petites galeries est impressionnant.

Une fois le tour de la place achevé, pourquoi ne pas continuer jusqu’au Cementerio de la Reina ?

Parce que c’est super loin et que c’est juste un cimetière ?

Rigolez pas, il est classé monument national. Il abrite des tombes militaires comme civiles, et quelques statues assez classes dont une très connue paraît-il… Bon, effectivement, ça reste un cimetière.

Cienfuegos a également son Malecon, idéal pour longer la mer, et au bord duquel vous trouverez comme d’habitude les bars, les restos, les rassemblements cubains… Nous avons d’ailleurs fini la soirée dans un mini-festival par hasard : après avoir vu des gars installer la scène et le matos dans la journée, on est retourné voir ce qu’il se passait une fois la nuit tombée… Au final, c’était une sorte de Tokio Hotel local qui rassemblait une affluence nombreuse mais à peine majeure dans l’ensemble.

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En fin de compte Cienfuegos est une ville agréable mais dont on fait vite le tour, et à moins d’avoir le temps sur une longue durée, n’y rester qu’un jour comme nous n’était pas forcément une mauvaise idée. D’autant que le voyage continue à Trinidad, cette fois pour deux nuits. Les taxis/collectivos n’ayant pas été très rentables pour nous jusqu’à présent, faute de réussir à négocier aux prix annoncés sur internet ou dans les guides, nous prenons cette fois le bus Viazul, la compagnie réservée aux étrangers qui relie les principales villes du pays entre elles.

Disons-le d’entrée : Trinidad est l’endroit que j’ai préféré de tout le séjour. Quand on dit que le temps s’est arrêté à Cuba, il y a toujours une trace du modernisme à La Havane, à Cienfuegos… Pas ici.

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Les ruelles pavées et les maisons colorées, décors traditionnels de toute publicité des voyagistes, donnent l’impression d’être revenu au moins au siècle dernier. Des vestiges d’un temps où Trinidad vivait de la canne à sucre, époque révolue même si le tourisme compense (un peu) désormais. L’ensemble fait quand même plus pauvre que le reste du pays, il y a d’ailleurs énormément de gamins qui mendient des bonbons par rapport à nos étapes précédentes.

La ville n’est pas très grande et se parcourt facilement à pied. La Plaza Carillo est un peu le rendez-vous des cubains, sans surprise puisque c’est ici qu’il y a le wi-fi et l’habituelle boutique Etecsa qui vend les cartes téléphoniques. L’intérêt est dans le centre historique autour de la Plaza Mayor. Sur les escaliers qui la surplombent, rendez-vous des locaux comme des touristes : de la musique en journée comme le soir. On peut profiter de l’ambiance en restant dehors, mais pour la soirée l’entrée du bar en haut des escaliers n’est pas très chère (1 ou 2 CUC de mémoire). Ce n’est pas le seul endroit pour ça : Trinidad est une ville festive, et les cubains font admirer leur sens du rythme ans beaucoup de bars à l’ambiance très caliente.

Cuba3 5dLes cubains ont le rythme dans la peau à tout âge !

Outre les bars et les restaurants, le coin compte aussi plusieurs musées, quelques boutiques, et deux églises. L’église Santísima ressemble un peu aux nôtres, et c’est d’ailleurs le seul édifice néogothique du pays. Quand au couvent Saint-François d’Assise, ce n’est plus une église : il a été transformé en « musée de la lutte contre les bandits ». Mais son célèbre clocher fait lui aussi partie des vues traditionnelles de cartes postales. Restons dans le religieux avec un peu plus loin, la Place des Trois Croix. Qui, petite particularité, n’en a que deux au moment où nous y sommes. Est-ce que la troisième est tombée et qu’ils n’ont pas les moyens, ou pas envie, de la réparer/remplacer ? Possible. Tout est possible à Cuba.

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On se dirige ensuite vers le mirador de la cité, un point de vue en hauteur qui permet de voir tout Trinidad et ses environs. Mais on change de chemin en repérant un endroit plus près qui doit offrir une toute aussi belle vue. Qui en fait s’avéra être la propriété de quelqu’un. Le quelqu’un en question, c’est le magicien. Il y en eut quelques-unes, mais sans doute notre rencontre la plus étonnante à Cuba. Il nous invite à monter dans sa bicoque et à voir la vue depuis la terrasse. Qui effectivement a de la gueule, avec la ville à ses pieds, la mer au loin et la vallée aux alentours.

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On a bien pensé au début qu’il faudrait passer à la caisse d’une manière ou d’une autre à un moment, mais non, même pas. Le gars parle très bien anglais – ce qui est rare ici – et nous en dit beaucoup sur lui, sur la vie cubaine. Il nous explique que les terrains et les maisons ne valent pas grand chose ici, puisque les étrangers ne peuvent pas acheter et les cubains ne peuvent qu’acheter des maisons pour eux mais pas faire de l’investissement locatif. Du coup, une très grande partie de la population est propriétaire, sans être endettée. Il nous expliquera qu’il a échangé cette maison (hyper bien placée mais très sommaire) contre une machine à magie construite par lui-même, avec son voisin d’en-bas. Il aura ensuite acheté du terrain à une autre voisine pour une somme dérisoire, et le plus fort, récupéré sa machine magique en échange de quelques cours de danse que sa femme a donné au premier voisin. Si on va au bout du raisonnement, il a donc échangé sa maison contre des cours de danse… Un vrai magicien. Et il aura bien besoin de pouvoirs paranormaux pour mener à bien tous ses projets : il voudrait construire une casa à côté de sa maison, faire un parking avec le terrain qu’il a acheté et peut-être d’autres trucs, ouvrir un restaurant sur le terrasse où l’on discute… Que de projets. Il nous parlera aussi de sa famille, de sa première épouse qui a quitté le pays. Je ne sais pas combien de temps on est restés là, mais si vous passez par Trinidad, je vous conseille d’aller faire un tour dans le coin. En gros, en partant de la Plaza de las Tres Cruces, il suffit de suivre la route qui monte et d’aller toujours tout droit.

En-dehors de Trinidad-même, difficile de ne pas faire une petite excursion dans dans un des parcs naturels proches de la ville : la vallée de los ingenios et topes de collantes. Nous sommes allés dans la première nommée. Il y a des excursions qui le font, un train qui s’y arrête également, mais nous y sommes allés en taxi pour rester libres de l’horaire. Nous allons à la Tour de Manaca, une ancienne tour de guet se sept étages autrefois utilisée pour surveiller les esclaves dans les champs de canne à sucre autour. De là-haut, une vue à 360 degrés sur la vallée. Et en bas, des tas de marchands (l’endroit est très touristique…), plusieurs guaraperos où vous pourrez déguster un guarapo, la boisson locale ; et Manaca Iznaga, une ancienne hacienda reconvertie en bar/restaurant.

Cuba3 7Vue du haut de la Torre

On prévoit d’aller un peu plus loin dans la vallée, vers une autre hacienda plus isolée et a priori plus préservée, Guachinango. Sur le papier ça a l’air simple, il suffit de suivre la voie ferrée en partant de la tour de guet. En pratique… A m’ment donné, la voie bifurque, je lis mal la carte, et nous voilà partis vers une direction où on marchera longtemps. On verra une ancienne sucrerie désaffectée, des arbres à coton, mais pas d’hacienda en vue. L’ambiance Walking Dead est sympa mais nous finissons par comprendre que nous nous sommes plantés de route… On tente alors de changer de chemin pour rattraper le coup, on se retrouve avec une rivière à traverser. Elle n’est pas trop profonde (un mètre?) mais très large, très sombre, et même si en théorie les crocodiles de Cuba vivent un peu plus au nord de l’île (dans la province de Zapata), c’est typiquement leur genre d’habitat… On tente encore un autre chemin, en vain, et on finira par demander de l’aide à un paysan qu’on croise dans un pré pour retourner à notre point de départ.

Cuba3 8Et là… C’est le drame !

Après toutes ces émotions, une visite à Playa Ancon, la plage paradisiaque du coin, se méritait bien. Beaucoup de monde et une eau un peu moins claire que lors de nos précédentes sessions beach. Pas question de faire les difficiles hein, on reste quelques tons au-dessus de Narbonne-plage, et . Mais il y a mieux en particulier sur le côté nord du pays ; et ça tombe bien, on commence à remonter dès le prochain article !

Cuba3 9Playa Ancon

Les bonnes adresses :

la casa de Trinidad : après celle de Vinales, c’est sans doute la numéro 2 de notre séjour. Elle était très proche du centre, et c’est ici qu’un soir nous avons mangé une des rares spécialités cubaines (à part le rhum) très bien préparée : la langouste ! Le problème, c’est que j’ai noté ni le nom ni l’adresse… Clémence, si tu me lis, au secours, tu dois avoir ça quelque part !

Hotel la Union (Cienfuegos, calle 31) : je ne sais pas ce que vaut l’hôtel (qui est assez chic ceci dit). Je sais qu’il a l’ascenseur le plus lent du monde. Le temps passe plus vite si vous aimez faire des selfies dans les miroirs des ascenseurs. Bref ; c’est surtout une bonne adresse pour boire un cocktail en musique avec une superbe vue pour admirer le coucher de soleil, dont j’ai mis la photo plus haut. Et son gros plus ? Pour ceux qui voudraient un bref retour en France entre deux mojitos… Ils ont du Ricard ! Pas donné (4 CUC avec l’eau) mais moins cher qu’à Copenhague.

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